| HISTOIRE
GENERALE - Bolivie |
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Histoire
générale de la Bolivie
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DATES
IMPORTANTES |
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1809 |
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Appel
à la révolte de Pedro
Domingo Murillo. |
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1810 - 1820 |
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Guérilla
rurale contre les troupes
espagnoles. |
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1824 |
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Victoire
décisive du maréchal Sucre
à Ayacucho. |
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1825 |
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Création
de la répulique de Bolivar
(ex- Haut pérou).
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1879 - 1883 |
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Guerre
du Pacifique. La Bolivie
perd définitivement son
accès à la mer. |
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1901 |
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Guerre
de l'Accre avec le Brésil.
La Bolivie perd une grande
partie de son territoire. |
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Début 20 é siècle |
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L'exploitation
de l'étain remplace celle
de l'argent.Simon I Patino
devient l'homme le plus
riche d'Amérique Latine. |
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1932 - 1935 |
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Guerre
du Chaco avec le Paraguay.
La Bolivie perd 200.000
km². |
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1946 |
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Renversement
de Gualberto Villarroel,
un militaire progressiste
qui voulait s'attaquer
au pouvoir des propriétaires
de mines. Il est pendu
à un réverbère. |
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1952 |
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Révolution
ouvrière et paysanne. |
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1971 |
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Création
d'une "Assemblée
du Peuple" courte
période de pouvoir de
la gauche.
Coup d'état mené par le
général Meza. |
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1978 |
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Une
grève de la faim déclenchée
par deux femmes de mineurs,
met fin à la dictature. |
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1979 |
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Première
élection d'une femme à
la présidence de la république,
Lydia G. Tejada. |
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1980 |
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Nouveau
coup d'état sanglant mené
par le général Meza. |
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1982 |
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Retour
à la démocratie avec le
gouvernement de gauche
d'Hernan Siles Zuazo. |
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1985 |
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Paz
Estensoro, leader historique
de la révolution de 1952,
revient au pouvoir. |
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1986 |
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Marche
des mineurs sur La Paz
stoppée par l'armée. |
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1989 |
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Election
du président Jaime Paz
Zamora. |
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1993 |
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Election
de Gonzalo Sanchez de
Lozada et de Victor Hugo
Cardenas, premier vice-président
indien du continent. |
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1997 |
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Election
à la présidence du général
Hugo Banzer Suarez, déjà
au pouvoir entre 1971
et 1978 et que ses opposants
continuent d'appeler "le
dictateur" |
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1998 |
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Tremblement
de terre qui raye de la
carte les villes de Mizque
et Totora. Bilan 250 morts. |
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Octobre 2003 |
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Evo
Morales prend la tête
d'une révolte contre le
président libéral Gonzalo
Sanchez de Lozada, qui
la réprime dans le sang
(80 morts). |
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18 dec 2005 |
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Evo
Morales Ayma est élu président
de la république dès le
premier tour avec 53.72
% des voix. Premier président
indien élu dans l’histoire
de l’Amérique |
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CULTURE
PRÉHISPANIQUE |
La période amérindienne
Les premiers occupants de la
Bolivie furent les Arawaks d'Amazonie
qui se seraient installées
sur les rives du lac Titicaca.
Quelques ethnologues estiment
que les Urus et les Chipayas
seraient leurs descendants.
La Bolivie a vu s'épanouir
de brillantes civilisations
tout au long de son histoire
andine; celle de Tiahuanaco
a connu son apogée entre
les VII e et XII e siècles
de notre ère.
Tiawanacu
Cette culture est divisée
en trois grandes époques
: Aldeano (villageaoise), Urbano
(Urbaine, citadine), et Imperial
(impériale). La première
période, contemporaine
à Wankarani et à
Chiripa, débute aux environs
de 1200 ans avant JC et dure
jusqu'au premier siècle
de notre ère, quand se
produisit à Tiwanaku
un changement radical connu
sous le nom de révolution
urbaine. Une des principales
caractéristiques de la
citée en formation, est
la présence de centres
religieux et une population
divisée en classes sociales.
Les terres voisines de ces centres
sont cultivées à
l'aide de " suka-collos
", sortes de fosses retenant
l'eau de pluie et permettant
l'irrigation par temps sec.
La période urbaine dura
jusqu'au VIIme siècle,
quand débutât l'expansion
de l'Etat de Tiawanaku, marquant
ainsi le début de la
période Impériale.
De même que Tiawanaku
était étroitement
liée à Wari (près
d'Ayacucho au Pérou),
l'influence de Tiawanaku s'étendit
vers le sud jusqu'à Cochabamba,
puis au désert d'Atacama,
pour atteindre le nord de l'actuelle
Argentine.
La ville de Tiawanaku possédait
plusieurs centres de cérémonie,
tels que Akapana, Kalasasaya,
Puma-punku., et le Templete
Semisubterráneo. (Pavillon
semi enterré).
Au VIIme siècle, Tiwanaku
étend son influence politique
auprès d'enclaves préexistantes,
expansion mise en évidence
par les symboles tiawuanacotes
présents sur les céramiques
et textiles retrouvés
dans les territoires conquis.
L'effondrement de l'empire Tiawanaku
intervint au XIIme siècle,
probablement suite à
des changements climatiques
dans la région de Tiawanaku.
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Période
Inca
L'Empire Inca fût
l'une des principales
civilisations d'Amérique
du Sud, par l'étendue
géographique et
la population sous son
influence. Il émergeât
au XIIme siècle,
après l'effondrement
de l'Empire de Tiwanaku.
Les premiers Incas sont
légendaires, en
particulier Manco Capac,
dont la figure est définitivement
ancrée dans l'histoire.
L'expansion 'del señoro
cusqueño' commence
réellement à
partir du huitième
Inca, Viracocha. Cette
expansion qui prend toute
sa puissance sous le règne
de Pachacutec. Lui succèderont
Inca Yupanqui, Huayna
Capac, Huscar y Atahuallpa...
Bien que sa durée
ait été
brève, l'empire
Inca fût un remarquable
exemple d'organisation
socio-politique, ayant
réussi à
intégrer plusieurs
ethnies vivant dans des
régions écologiquement
différentes. Celui-ci
s'étendait du nord
de l'Equateur jusqu'au
centre du Chili, en passant
par l'Altiplano Bolivien
et le nord ouest Argentin.
L'arrivée des conquistadors
espagnols vers 1532 mit
fin au développement
de l'Empire Inca, aux
stratégies millénaires
mises en place par les
royaumes, ethnies et communautés
Andines pour intégrer,
diversifier et compléter
leurs productions, et
qui sous la domination
Inca donnèrent
naissance à un
complexe réseau
de centres et de villes
parfaitement interconnectés.
Cependant, des informations
comme la présence
d'une noblesse privilégiée,
l'augmentation démographique
des villes et l'augmentation
de production que cela
aurait exigé, peuvent
mettre en doute la pérennité
de l'équilibre
alors obtenu entre les
communautés Andines
et leur environnement,
la domination étatique
par exemple. |
HUARI-TIAHUANACO, un
premier état andin (600/1000
ap.J.C.)
Au IVe siècle de notre
ère, le grand centre
religieux de Tiahuanaco, sur
les rives du Lac Titicaca, connaît
son plein épanouissement.
A partir du Ve siècle,
son influence déborde
la région du haut Plateau
et s'étend sur le Pérou
méridional. L'art de
Tiahuanaco se caractérise
par un développement
exceptionnel de l'architecture
et de la sculpture en pierre.
Vers 600 de notre ère,
la cité de Huari, près
d'Ayacucho, influencée
à la fois par Tiahuanaco
et Nasca, connaît un essor
spectaculaire grâce au
commerce et à sa puissance
militaire. Pour avoir si largement
diffusé les conceptions
et l'iconographie religieuses
de Tiahuanaco, la période
qui va de 600 à 1000
est appelée horizon Huari-Tiahuanaco.
L'hégémonie de
Huari est telle que le Pérou
apparaît unifié
culturellement pour la seconde
fois et politiquement sous l'autorité
d'un pouvoir centralisateur
fort, pour la première
fois. La production artistique
est dominée par des motifs
iconographiques originaires
de Tiahuanaco, comme la figure
du dieu aux bâtons, par
une géométrisation
des dessins allant parfois jusqu'à
les rendre inintelligibles et
par une production quantitative
dans tous les domaines. De grands
centres urbains et administratifs
entourés de murailles
sont érigés sur
l'ensemble du pays. En dehors
de la capitale, Huari, dont
les ruines se dressent encore
à 25 km au nord-est d'Ayacucho,
deux grands sites témoignent
encore de la splendeur de cette
époque: Pikillacta dans
la région du Cuzco et
Viracocha Pampa à Cajamarca.
Le vieux sanctuaire de Pachacamac,
près de Lima sur la côte
centrale, connut durant l'époque
Huari, un développement
particulier et devint l'un des
plus importants centres du pèlerinage
du pays. Huari apparaît
comme une préfiguration
du futur empire inca.
Vers l'an 1000, la puissance
unificatrice de Huar i décline
et on assiste sur l'ensemble
du territoire péruvien
à un réveil des
identités culturelles
régionales, cette fois-ci
plus fortes. Une des plus importantes
manifestations de ces résurgences
régionales est celle
de l'état chimu sur la
côte nord du Pérou,
sur le territoire où
s'était épanouie
la civilisation mochica
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PÉRIODE
COLONIALE |
Le Haut-Pérou, qui correspondait
au territoire de la Bolivie actuelle,
fut conquis en 1538 par le conquistador
espagnol Francisco Pizarro (1475-1541).
La région fut rattachée
à la vice-royauté
du Pérou (1543-1776), puis
plus tard, en 1776, à la
vice-royauté du Río
de la Plata (Buenos Aires en Argentine).
Avec l'arrivée des colons
espagnols, plusieurs villes furent
fondées, dont Chuquisaca
(aujourd'hui Sucre), Potosí,
La Paz et Cochabamba. De nombreuses
mines d'argent furent exploitées
par les Espagnols qui firent du
territoire l’un des centres
les plus prospères et les
plus peuplés de leurs colonies.
Les populations locales furent
soumises à la christianisation
et à la castillanisation,
sans trop de succès dans
ce dernier cas.
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Quoi
qu’il en soit, les
Espagnols ont non seulement
exploité les indigènes,
mais ils les ont spoliés
et ont supprimé
tous leurs droits humains,
les réduisant à
l'état d'esclaves
dans les haciendas. Le
département de
Potosi demeure un exemple
parfait du triste sort
réservé
aux populations autochtones
colonisées. Des
millions d’indigènes
majoritairement issus
de Bolivie et du Pérou
furent déportés
vers le plus grand gisement
d’argent jamais
découvert. Six
millions d’Indios
y périrent de froid
et d’épuisement.
Les langues indigènes
furent interdites dans
toutes les manifestations
officielles de l'État
espagnol, mais malgré
tout les autochtones résistèrent
à la tentative
d'assimilation.
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Plus tôt que la plupart
des autres colonies, la Bolivie
se rebella contre l’Espagne.
Les révoltes se multiplièrent,
puis le général
Antonio José de Sucre (ayant
servi sous les ordres de Miranda,
puis de Bolivar), qui remporta
plusieurs victoires contre les
Espagnols, libéra l’Équateur,
le Pérou et la Bolivie.
Celle-ci obtint son indépendance
le 6 août 1825.
Le 11 août suivant, le pays
prit le nom de Bolivie, en l’honneur
du Libertador Simón José
Antonio Bolívar (1783-1830)
qui avait pris à l’origine
la tête de la révolte
et qui rédigea lui-même
la première Constitution
bolivienne. Quant à Antonio
José Sucre, il a donné
son nom à la capitale (Sucre
prononcé [soukré]).
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LA
RÉPUBLIQUE |
De l'indépendance
(1825) au début du XXe
siècle
Antonio José de Sucre fut
élu «président
à vie» de la Bolivie,
mais il démissionna deux
ans plus tard, puis fut expulsé
du pays. La Bolivie subit ensuite
plusieurs décennies de
luttes entre diverses factions,
alors que les révolutions
alternèrent avec les dictatures
militaires. De plus, la Bolivie
dut faire face à des conflits
avec les pays frontaliers, soit
le Chili, le Paraguay et le Brésil.
Ayant échoué dans
sa tentative de réunir
le Bolivie et le Pérou
en 1839, les coups d’État
se succédèrent les
uns aux autres jusqu’à
ce que le Chili s'empare du port
bolivien d'Antofagasta: ce fut
le début de la guerre du
Pacifique (1879-1883). La Bolivie
et son allié, le Pérou,
furent vaincus par le Chili. Le
territoire bolivien perdit ensuite
ses possessions sur la côte
du Pacifique, ce qui élimina
tout accès à la
mer. En 1884, la Bolivie fut privée
de la province d'Atacama, qui
revint au Chili; ensuite ce fut
la région d'Acre qui, en
1903, fut cédée
au Brésil. Mais ce n'était
pas terminé: en 1935, la
guerre du Chaco (1933-1935) fut
conclue par la cession d'une partie
du Chaco bolivien au Paraguay.
Bref, un siècle après
la proclamation de son indépendance,
la Bolivie avait perdu la moitié
de son territoire.
Au cours de cette période
troublée, les gouvernements
se succédèrent au
rythme des coups d'État,
des guerres civiles et des révolutions
(1930, 1931, 1934, 1939), pendant
que les régimes militaires
faisaient la pluie et le beau
temps. Quant aux populations autochtones,
elles furent considérées
comme «inférieures»
et plus ou moins dépouillées
de tous leurs droits civils, politiques,
sociaux et linguistiques. Les
différents gouvernements
boliviens ont même tout
fait pour liquider les langues
indigènes. Tout usage de
signes identitaires indigènes
fut formellement interdit, tandis
que les autochtones étaient
toujours privés de leurs
terres. Même les penseurs
les plus «libéraux»
ne concevaient pas la possibilité
de l'intégration par un
autre moyen que par la reconnaissance
d'une seule et même langue
nationale officielle, l'espagnol.
La Bolivie a été
admise aux Nations unies le 14
novembre 1945.
Guerre Bolivie Paraguay
La guerre contre le Paraguay (1932-1935)
se traduit par la perte de 200'000
km 2 . Ce démembrement
va de pair avec une grande instabilité
politique: un coup d'Etat par
an entre 1850 et 1950. Le pays
a connu quelques phases de prospérité
liées à l'exploitation
de la quinine (1830-1850), du
guano et du salpêtre (1868-1878),
du latex (1895-1915) et de l'étain
(à partir de 1880).
La construction des voies ferrées
pour l'exportation des produits,
les besoins financiers de l'Etat
et la baisse de la valeur des
matières premières
conduisent le pays à s'endetter.
Au train de vie luxueux d'une
minorité répondait
la misère du peuple. En
avril 1952, une insurrection populaire
amène au pouvoir le Mouvement
nationaliste révolutionnaire.
Les mines sont nationalisées,
le suffrage universel est adopté
et une réforme agraire
est lancée. Progressivement
le régime s'écarte
du peuple, le MNR se divise et,
en 1964, l'armée prend
le pouvoir. Elle réprime
durement les grèves. C'est
en 1967 que Che Guevara tombe
sous les balles de l'armée.
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De
1950 À NOUS JOURS |
À partir de 1952, la Bolivie
vécut l'une des révolutions
sociales les plus profondes du continent
lorsqu'une partie des populations
autochtones se souleva contre le
régime. Un gouvernement révolutionnaire
présidé par Paz Estenssoro
(1952-1964) voulut instaurer d’importantes
réformes économiques
et sociales, dont les principales
caractéristiques étaient
la nationalisation des compagnies
minières et la redistribution
des terres. Finalement, Estenssoro
fut renversé par un coup
d'État en novembre 1964 à
la suite d'une insurrection de mineurs.
La junte militaire qui avait renversé
Estenssoro fut aussi remise en cause
par un autre mouvement révolutionnaire
dont le chef le plus populaire,
Ernesto «Che» Guevara,
fut tué en 1967 lors d’un
combat de guérilla. En août
1971, le colonel Hugo Banzer Suárez
prit le pouvoir tout en s'appuyant
sur l'armée.
Les coups d'État se succédèrent
les uns aux autres, à tel
point qu'il s'en produisit près
de 200 en cinquante ans. Entre 1950
et 1970, plus de 2400 officiers
militaires boliviens ont reçu
une formation à l'école
de l'armée américaine
située dans la zone du Canal
de Panama. Les différents
régimes militaires surent
mal gérer la situation financière
du pays qui resta aux prises avec
d'énormes dettes et une hyper-inflation.
En 1989, Jaime Paz Zamora devint
président de la Bolivie.
Le décret no 23036 du 20
janvier 1992 reconnut le droit de
recevoir une éducation bilingue
dans les régions où
l'on parle le quechua, l'aymara
et le guarani. L'élection
présidentielle de 1993 fut
remportée par un entrepreneur
minier, Gonzalo Sánchez de
Lozada, qui supervisa l'introduction
de mesures sévères
de réforme économique.
Celles-ci inclurent la privatisation
de nombreuses entreprises ainsi
que des réformes dans le
secteur de l'enseignement. La politique
de libéralisation économique
menée par le gouvernement
permit une amélioration de
la situation sociale.
Au cours de cette période,
un autochtone aymara, Victor-Hugo
Cardenas, fut vice-président
de la République de juin
1993 à août 1997. Dès
1993, la Bolivie rédigea
des lois permettant la reconnaissance
des droits des autochtones. En 1994,
la Constitution proclama que les
peuples autochtones avaient des
droits sociaux, culturels, économiques
et linguistiques, et ce, même
si les affaires du pays se sont
toujours déroulées
en espagnol. L’article premier
de la nouvelle Constitution définit
maintenant le pays comme «une
République libre, indépendante,
souveraine, multi-ethnique et multicuturelle».
L’article 171 énonce
que «les droits sociaux, économiques,
et culturels des populations indigènes
sont reconnus et protégés,
spécialement ceux concernant
les terres communautaires d'origine,
en garantissant l'usage et l'exploitation
durable de leurs ressources naturelles,
leur identité, leurs valeurs,
langues, coutumes et institutions».
Depuis la législation sur
la réforme de l'éducation
en 1994, les autochtones bénéficient
enfin d'écoles où
ils reçoivent une instruction
primaire à la fois en langue
amérindienne et en espagnol.
Les différentes ethnies sont
aujourd’hui représentées
sur les listes électorales
des 10 partis politiques qui se
partagent les sièges du Parlement.
De plus, de nouvelles lois boliviennes
reconnaissent les communautés
autochtones et les unions paysannes
comme des entités juridiques,
de même que l’autorité
de leurs représentants dans
l’administration et l’application
de leurs propres normes pour résoudre
des conflits. De plus, la législation
autorise les peuples autochtones
d’être éduqués
dans leur langue maternelle et des
mesures administratives ont permis
aux communautés indigènes
de conserver leurs modes de vie
traditionnels.
Après une histoire remplie
d’horreurs et une suite ininterrompue
de dictatures, il semble que la
Bolivie s’achemine maintenant
vers la démocratie, mais
au cours de cette période
de transition l’infrastructure
nécessaire à son application
n’apparaît pas encore
tout à fait au point. Les
peuples amérindiens qui habitent
la Bolivie ruent dans les brancards
depuis 1992, notamment lors de grandes
manifestations dénonçant
la commémoration du 500e
anniversaire de la découverte
de Christophe Colomb (1492). Les
protestations ont pris de l'ampleur
dans les années 2000 lors
des luttes des mouvements sociaux
et autochtones contre les politiques
de privatisation des richesses naturelles.
Même si la Bolivie s'est dotée,
depuis août 2001, d'un président
«indigéniste»
en la personne de Jorge Quiroga
Ramírez (qui ignore le quechua
et l'aymara, mais connaît
l'anglais), les défenseurs
des droits de l'homme se font toujours
harceler et emprisonner dans ce
pays. De plus, selon un rapport
de l’ONU, de nombreux autochtones
sont «victimes de pratiques
esclavagistes, allant de l’exploitation
sexuelle des femmes et des enfants
au travail servile, voire même
au servage».
En août 2002, Gonzalo Sánchez
de Lozada devenait le nouveau président...
jusqu'en octobre 2003, alors que
les protestations de la majorité
autochtone ont littéralement
explosé, mais les réformes
du gouvernement parurent trop timides.
Carlos Diego Mesa Gisbert devint
président de la la Bolivie,
ce qui n'a pas empêché
deux partis politiques de prendre
de l'expansion: le Movimiento al
Socialismo («Mouvement vers
le socialisme» ou MIP) et
le Movimiento Indígena Popular
(«Mouvement indigène
populaire» ou MAS). Le MIP,
fondé en 2000, prône
la création d'un État
pour les Aymaras. En 2004, les principales
organisations amérindiennes
et paysannes du pays ont créé
un «Pacte de l'unité»
afin de faire front commun. Depuis,
elles exigent la tenue d'une assemblée
constituante afin de récrire
la Constitution de 1967. Une nouvelle
crise politique abouti à
la démission du président
Mesa. Mais le Congrès a trouvé
un successeur acceptable, l'armée
n'est pas intervenue et les institutions
ont tenu le coup.
En décembre 2005, Evo Morales
Ayma, un Indien aymara ayant longtemps
été a la tête
des principales revendications syndicales
de ces dernières années,
est élu à la présidence
de la Bolivie, une première
dans un pays où près
de 70 % de la population est indigène.
C'est un tournant vers la gauche
qui se dessine pour la Bolivie,
au grand dam des 20 % de Boliviens
qui se partagent la moitié
du revenu national, regroupés
au coeur de La Paz et dans les provinces
de l’Est. Evo Morales veut
mettre fin à «l’État
colonial» et aux privilèges
des multinationales, il s'oppose
à l’impérialisme
américain et se veut le porte-parole
des populations défavorisées
(c’est-à-dire non blanches).
Il se range aux côtés
du métis Hugo Chávez,
président du Venezuela. Le
nouveau président voulait
nationaliser les hydrocarbures et
renégocier tous les contrats
des entreprises étrangères
dans un délais de 180 jours:
l'État devait être
propriétaire de toutes les
ressources naturelles, y compris
à la bouche du puits, et
en contrôler la production
et la commercialisation. C'est fait
depuis la fin du mois d'octobre
2006, même si de nombreux
détails restent à
peaufiner. De plus, le gouvernement
bolivien d'Evo Morales prépare
une nouvelle constitution, qui donnerait
de nouveaux droits aux indigènes
et ferait du quechua et de l'aymara
des langues officielles au pays,
à côté de l'espagnol
(castillan). Jusqu'ici, l'Assemblée
constituante n'a pu fonctionner,
ce qui a fait chuter la popularité
du président Morales. Une
fois l'ébauche approuvée,
la nouvelle Constitution serait
présentée aux électeurs
en août 2007 à l'occasion
d'un référendum. Pour
Washington, Evo Morales a rejoint
le clan des dirigeants sud-américains
hostiles à son endroit, tels
le Vénézuélien
Hugo Chavez et l'Équatorien
Rafaël Correa.
La politique linguistique
La politique linguistique de la
Bolivie s’apparente à
celle de beaucoup de pays latino-américains:
la non-intervention à l’égard
de la toute-puissante langue espagnole
et l’éducation bilingue
(et interculturelle) pour les
autochtones.
La population bolivienne est majoritairement
d’origine autochtone amérindienne
(env. 55 %). On compte ensuite
30% de Métis ou Mestizos
(ou parfois Cholos) et près
de 15% de Blancs, principalement
d'origine espagnole. En Bolivie,
les termes «Blanc»
et «Cholo» réfèrent
à une série de significations
et d'implications sociales. Ainsi,
«Blanc» renvoie davantage
à un statut socio-économique
qu'à la couleur de la peau;
«Cholo» n'est plus
l'équivalent de «Métis»,
car il désigne maintenant
des Métis bilingues (d'origines
indigène et blanche ou
«pure indienne») qui
ont avancé dans l'échelle
socio-économique. Parmi
les autochtones, 30% sont des
Quechuas et 25 % des Aymaras.
Les autres groupes autochtones
sont des Guaranis, des Mojeños
et des Chimanes.
La Bolivie est un pays multilingue
avec une bonne quarantaine de
langues, presque toutes amérindiennes.
Quelque 43 % des Boliviens parlent
l’espagnol comme langue
maternelle. Presque toutes les
autres langues appartiennent aux
langues amérindiennes,
mais la plupart ne comptent que
fort peu de locuteurs. On ne compte
que quatre langues importantes,
si l’on prend comme critère
celles parlées par 10 000
locuteurs ou plus: le quechua
(36,4 %), l’aymara (22,5
%), le guarani (0,2 %) et le chiquito
(0,2 %). Le quechua appartient
à la famille quechua, l’aymara
à la famille aymara, le
guarani à la famille tupi-guarani,
le chiquito à la famille
macro-ge. Quelques autres langues
sont parlées par quelques
milliers de locuteurs, mais l’immense
majorité des langues autochtones
de la Bolivie est en voie d’extinction.
Il n’est pas rare de dénombrer
quelques dizaines de locuteurs
pour plusieurs petites langues.
Communauté indienne
Le système longuement élaboré
par les bureaucrates du gouvernement
fonctionne relativement bien dans
les zones urbaines, mais il n'apparaît
pas au point dans les zones rurales.
Par exemple, la forme d'élection
des autorités municipales
ne correspond pas aux us et coutumes
des indigènes et favorise
plutôt les groupes traditionnels
de pouvoir local, qui s'approprient
l'administration municipale en
profitant de cet avantage pour
leurs propres intérêts
personnels. Autrement dit, comme
les dirigeants politiques ont
toujours fonctionné de
façon autoritaire en ne
tenant compte que de leurs propres
intérêts, les autochtones
font de même, le modèle
étant incrusté depuis
trop longtemps.
Cela dit, beaucoup de représentants
autochtones affirment que les
institutions boliviennes et la
société prise dans
son ensemble n’ont pas totalement
accepté que les droits
des peuples indigènes et
la personnalité multi-ethnique
de la nation fassent partie intégrante
de leur vie quotidienne. Il admettent
que des progrès ont été
accomplis dans les sphères
juridiques et législatives
afin que la société
bolivienne assume pratiquement
la réalité de sa
diversité. Malheureusement,
il n’y a pas encore de généreuse
ouverture envers le mouvement
des autochtones.
Malgré ces efforts, la
réalité est accablante:
la plupart des écoles du
pays sont situées en zone
urbaine, là où les
enfants autochtones sont les moins
nombreux. Dans les campagnes,
il est encore rare que les Amérindiens
reçoivent une instruction
dans leur propre langue, l'espagnol
étant la seule langue utilisée
dans pratiquement toutes ces écoles.
N'oublions pas aussi que la Bolivie
est l'un des pays les plus pauvres
de l'Amérique du Sud et
que plus de la moitié des
Boliviens sont quasiment analphabètes,
alors que le niveau moyen d'instruction
n'est que de quatre années.
Selon l'UNESCO, le taux d'analphabétisme
des adultes est de 16,3 %. La
situation des enfants est elle
aussi alarmante: 70 % des enfants
de moins de neuf ans ne sont pas
scolarisés.
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